SEMAINES MUSICALES DE QUIMPER 2005

Diva Opéra enchante le Théâtre de Cornouaille


Article : Nicolas Gonidec




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Les Semaines Musicales de Quimper ont osé le pari, cette année, d'accueillir un opéra au Théâtre de Cornouaille. Et pas des moindres : La Flûte Enchantée, de Wolfgang Amadeus Mozart, interprétée par l'ensemble Diva Opéra, dans une version intégrale accompagnée au piano par Brian Evans, directeur de la compagnie. Un choix judicieux : la représentation s'est avérée talentueuse, et le public ne s'y est pas trompé, applaudissant et acclamant longuement les solistes à l'issue du concert.

Régulièrement réinvités dans les grands festivals où ils se sont déjà produits, les chanteurs de Diva Opéra emportent à chaque reprise l'adhésion unanime des spectateurs par l'excellence de leurs prestations. Présenter La Flûte Enchantée dans sa version intégrale chant et piano, comme le faisait aussi à son époque B. Britten, est une autre façon, originale, de découvrir les subtilités de ce merveilleux opéra hors du commun de Mozart. Diva Opéra a été créée en 1996 par Anne Marabini Young et Brian Evans, et s'est aujourd'hui imposée comme l'une des principales troupes d'opéra de chambre anglaises. Ceci est le résultat de ses productions de très haute qualité qui réunissent des artistes, des metteurs en scène et des designers des plus prestigieux opéras tout en présentant de jeunes chanteurs parmi les plus talentueux de leur génération.

L'année dernière, Diva Opéra a donné plus de 50 représentations à travers la France, la Suisse, les îles franco-britanniques et la Grande-Bretagne. En mars 2002, la troupe a eu l'honneur de jouer Die Fledermaus de Johann Strauss avec José Carreras. Les Quimpérois ont effectivement pu se rendre compte de la qualité du travail réalisé par la compagnie.

Opéra en deux actes, créé à Vienne le 30 septembre 1791, La Flûte Enchantée a été composée sur un livret d'Emmanuel Schikaneder, sachant que pour Mozart, la poésie était "la fille obéissante de la musique". Dernière création lyrique du compositeur autrichien, La Flûte Enchantée est une oeuvre magistrale qui peut se lire à de multiples niveaux. Opéra maçonnique, parcours initiatique, mais aussi turquerie et quasi opéra-comique, il ne ressemble qu'à lui-même. Sans doute même faut-il voir dans cette partition l'aune du combat du bien contre le mal, contre l'obscurantisme et toute autre attitude ne tendant pas vers un monde meilleur. Albert Einstein disait même de La Flûte Enchantée qu'elle fait partie de "ces pièces capables aussi bien de charmer un enfant que d'émouvoir jusqu'aux larmes l'homme le mieux trempé et d'exalter le plus sage".

Moralement parlant, aucun des personnages, ou presque, ne sort indemne de l'histoire. Dans ce conte de fées où les femmes sont l'objet de tant d'invectives, seule Pamina, la jeune fille, est d'une pureté sans tâche. Elle est vouée à Sarastro mais en réalité elle en aime un autre tendrement. Une affaire complexe, qui ne peut laisser personne insensible. "Je dis qu'avec de la bonté tout s'arrange, qu'un comportement généreux et bienveillant a déjà plus d'une fois réconcilié les pires ennemis", racontait Mozart à sa femme Constance. Un superbe point final que Wolfgang Amadeus écrivit avant de s'éteindre.


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