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Diva Opéra enchante le Théâtre de Cornouaille
Article : Nicolas Gonidec
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Les Semaines Musicales de Quimper ont osé le pari, cette année,
d'accueillir un opéra au Théâtre de Cornouaille. Et pas
des moindres : La Flûte Enchantée, de Wolfgang Amadeus Mozart,
interprétée par l'ensemble Diva Opéra, dans une version
intégrale accompagnée au piano par Brian Evans, directeur de la
compagnie. Un choix judicieux : la représentation s'est avérée
talentueuse, et le public ne s'y est pas trompé, applaudissant et acclamant
longuement les solistes à l'issue du concert.
Régulièrement réinvités dans les grands festivals
où ils se sont déjà produits, les chanteurs de Diva Opéra
emportent à chaque reprise l'adhésion unanime des spectateurs
par l'excellence de leurs prestations. Présenter La Flûte Enchantée
dans sa version intégrale chant et piano, comme le faisait aussi à
son époque B. Britten, est une autre façon, originale, de découvrir
les subtilités de ce merveilleux opéra hors du commun de Mozart.
Diva Opéra a été créée en 1996 par Anne Marabini
Young et Brian Evans, et s'est aujourd'hui imposée comme l'une des principales
troupes d'opéra de chambre anglaises. Ceci est le résultat de
ses productions de très haute qualité qui réunissent des
artistes, des metteurs en scène et des designers des plus prestigieux
opéras tout en présentant de jeunes chanteurs parmi les plus talentueux
de leur génération.
L'année dernière, Diva Opéra a donné plus de 50
représentations à travers la France, la Suisse, les îles
franco-britanniques et la Grande-Bretagne. En mars 2002, la troupe a eu l'honneur
de jouer Die Fledermaus de Johann Strauss avec José Carreras. Les Quimpérois
ont effectivement pu se rendre compte de la qualité du travail réalisé
par la compagnie.
Opéra en deux actes, créé à Vienne le 30 septembre
1791, La Flûte Enchantée a été composée sur
un livret d'Emmanuel Schikaneder, sachant que pour Mozart, la poésie
était "la fille obéissante de la musique". Dernière
création lyrique du compositeur autrichien, La Flûte Enchantée
est une oeuvre magistrale qui peut se lire à de multiples niveaux. Opéra
maçonnique, parcours initiatique, mais aussi turquerie et quasi opéra-comique,
il ne ressemble qu'à lui-même. Sans doute même faut-il voir
dans cette partition l'aune du combat du bien contre le mal, contre l'obscurantisme
et toute autre attitude ne tendant pas vers un monde meilleur. Albert Einstein
disait même de La Flûte Enchantée qu'elle fait partie de
"ces pièces capables aussi bien de charmer un enfant que d'émouvoir
jusqu'aux larmes l'homme le mieux trempé et d'exalter le plus sage".
Moralement parlant, aucun des personnages, ou presque, ne sort indemne de l'histoire.
Dans ce conte de fées où les femmes sont l'objet de tant d'invectives,
seule Pamina, la jeune fille, est d'une pureté sans tâche. Elle
est vouée à Sarastro mais en réalité elle en aime
un autre tendrement. Une affaire complexe, qui ne peut laisser personne insensible.
"Je dis qu'avec de la bonté tout s'arrange, qu'un comportement généreux
et bienveillant a déjà plus d'une fois réconcilié
les pires ennemis", racontait Mozart à sa femme Constance. Un superbe
point final que Wolfgang Amadeus écrivit avant de s'éteindre.
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